Surdiagnostic et traitements inutiles : quels sont les risques ?
D’où le paradoxe de l’imagerie. Son utilisation systématique pousse souvent les professionnels à imputer la douleur à des modifications structurelles qui sont, en réalité, tout à fait normales pour l'âge de la personne. En Australie, par exemple, une grande majorité de médecins considèrent encore cet examen comme un préalable avant toute rééducation physique, ce que ces nouvelles observations contredisent.
Cette situation entraîne de lourdes conséquences financières pour les systèmes de soins. Le recours aux injections guidées par imagerie a ainsi été multiplié par 46 dans certains pays depuis l'an 2000. Parallèlement, les interventions chirurgicales ont doublé, voire septuplé dans plusieurs nations, sans preuve d'un bénéfice réel pour tous les malades. Enfin, l'annonce d'une rupture diagnostiquée provoque souvent une forte anxiété, créant une charge mentale disproportionnée face à la réalité médicale de l’usure normale.
La nouvelle approche face à la douleur d'épaule non traumatique
Les auteurs de la publication concluent que la réalisation d'une IRM ne doit plus dicter le diagnostic ni la thérapie lorsqu'il n'y a pas eu de traumatisme préalable. La priorité revient exclusivement à l'évaluation clinique directe en cabinet.
Le praticien de santé doit évaluer les capacités fonctionnelles ainsi que le niveau de gêne du patient, au lieu de se focaliser sur des images radiologiques. Il devient nécessaire de reconsidérer la définition même de la maladie pour cette articulation. De multiples usures de la coiffe des rotateurs s'apparentent finalement à des évolutions naturelles dues au vieillissement corporel, exactement au même titre que les rides sur la peau.